Structure de la végétation et productivité dans les systèmes agroforestiers caféiers dans les bassins de production du Littoral et de l’Ouest Cameroun

Université de Dschang

MRes, Faculté d’Agronomie et des Sciences AgricolesDépartement de Foresterie, Université de Dschang, Cameroun

MSc

Steve Perrin Nandjou Mongou

MRes, Faculté d’Agronomie et des Sciences AgricolesDépartement de Foresterie, Université de Dschang, Cameroun

Résumé du projet

Steve est titulaire d’un diplôme d’Ingénieur Agronome (Master 2) en production végétale à la Faculté d’Agronomie et des Sciences Agricoles (FASA) de l’Université de Dschang, au Cameroun. Il a obtenu son MRes dans la FASA, Département de Foresterie, avec succès. Le projet de Steve s’intitule Structure de la végétation et productivité dans les systèmes agroforestiers caféiers dans les bassins de production du Littoral et de l’Ouest Cameroun.

Les forêts du bassin du Congo, deuxième poumon écologique mondial après l’Amazonie (Sist, 2024), subissent une pression anthropique croissante : près de 3,9 millions d’hectares ont été perdus en Afrique centrale entre 2010 et 2020 (Vancutsem et al., 2021), principalement sous l’effet de la conversion des forêts en terres agricoles (Momo Solefack et al., 2018 ; Tsewoue et al., 2020).., 2020). Les forêts jouent pourtant un rôle essentiel dans la conservation de la biodiversité, le stockage du carbone, la régulation du climat et la fourniture de produits aux populations (Batsi et al., 2021), tandis que la croissance démographique et l’expansion agricole accentuent les risques de déforestation (ONU, 2017).

Dans ce contexte, l’agroforesterie constitue une alternative durable conciliant production agricole, conservation de la biodiversité, fertilité des sols et séquestration du carbone (Temgoua et al., 2018), les systèmes agroforestiers caféiers contribuant à la résilience des cultures et au maintien de services écosystémiques (Niether et al., 2020). Au Cameroun, le Littoral et l’Ouest sont des bassins majeurs de production du café. Toutefois, contrairement aux agroforêts cacaoyères largement étudiées (Mapongmetsem et al., 2015 ; Djeuni et al., 2025), les agroforêts caféières restent peu documentées (Fouellefack, 2015 ; Temgoua et al., 2020), malgré leur importance dans le paysage agraire camerounais (Ngomeni et al., 2021).

Les recherches ont évolué de la description de ces systèmes vers l’évaluation de leur productivité et l’analyse des interactions entre espèces associées (Beer et al., 2003). Elles peuvent maintenir une biodiversité comparable à celle de forêts secondaires (Saj et al., 2017), et représentent une option pertinente pour une agriculture climato-intelligente dans ces bassins caféicoles (Fogang et al., 2024).

Plus spécifiquement, cette étude cherche à répondre à la question suivante :

comment la structure de la végétation influence-t-elle la productivité des systèmes agroforestiers caféiers dans les principaux bassins de production des régions du Littoral et de l’Ouest du Cameroun ?

De cette question principale découlent les questions secondaires ci-après :

  • Quelle est la composition floristique et la structure des peuplements dans les systèmes agroforestiers à base de caféiers ?
  • Quelles sont les caractéristiques physico-chimiques des sols des agroforêts à base du caféier ?
  • Quels sont les modes de gestion en relation avec les caractéristiques structurelles qui influencent la production du café marchand dans les agroforêts ?
  • Quels sont les stocks de carbone et la valeur écologique que peuvent générer les systèmes agroforestiers à base de caféiers ?

Sur le plan méthodologique, l’étude a combiné

  • des enquêtes socio-économiques auprès de 100 producteurs,
  • des inventaires floristiques et dendrométriques dans des placettes rectangulaires de 2 400 m² emboîtant des sous-placettes de 800 m², stratifiées en trois classes d’âge (jeune <20 ans, adulte 21-40 ans, vieux ≥ 41 ans),
  • ainsi que des prélèvements de sols à deux profondeurs (0-15 cm et 15-30 cm) pour l’analyse du pH, de l’azote, du phosphore, du carbone organique et de la texture.

La biomasse ligneuse a été convertie en stock de carbone à partir des équations allométriques de Chave et al. (2005).

Résultats attendus

L’étude révèle une richesse floristique nettement plus élevée dans le Noun (43 espèces, 32 genres, 26 familles, dominées par les Fabaceae) que dans le Moungo (20 espèces, 17 genres, 15 familles, dominées par les Arecaceae et des espèces fruitières). Cette diversité décroît avec l’âge des systèmes dans les deux sites, traduisant une simplification structurale liée à l’intensification de l’entretien ; les structures diamétriques en « J inversé » témoignent toutefois d’un bon potentiel de régénération naturelle.

Sur le plan pédologique, les sols des deux départements sont modérément acides (pH 5,5-5,9), pauvres en phosphore assimilable, avec un rapport C/N généralement supérieur à 15. La matière organique diminue avec l’âge des systèmes dans le Noun, mais augmente légèrement dans le Moungo, ce qui s’explique par la dominance d’arbres fruitiers (avocatier, safoutier, palmier à huile) plutôt que par la densité d’ombrage.

Le désherbage est la pratique de gestion dominante ; les contraintes diffèrent selon les sites (pression parasitaire à 88 % dans le Moungo, stress hydrique à 53 % dans le Noun). Les rendements caféiers (400-1 200 kg/ha) sont globalement plus élevés dans le Noun, confirmant le lien entre complexité structurale et productivité.

Enfin, le stock de carbone augmente significativement avec l’âge des SAF, passant de 19,27 à 83,68 t C/ha, porté surtout par les arbres de diamètre supérieur ou égal à 30 cm, et plus élevé dans le Noun. Ces résultats confirment les quatre hypothèses (H1-H4) de l’étude et le rôle multifonctionnel des SAFs caféiers âgés, à la fois producteurs de revenus et pourvoyeurs de services climatiques.

Publications

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Encadreurs secondaires

Date de début

01 novembre 2025

Date de fin prévu

31 octobre 2026

OBSERVATOIRE

Végétation, sols et carbone

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