Valoriser les femmes en science : Portrait des six boursières de la première conférence annuelle de l’Initiative Science pour le Bassin du Congo

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Afin d’augmenter la participation et la visibilité des jeunes chercheuses lors de la première conférence annuelle de l’Initiative Science pour le Bassin du Congo (CBSI), nous avons créé six bourses de voyage correspondant à ses observatoires. La bourse couvrait le billet d’avion aller-retour pour se rendre à la conférence, ainsi que l’hébergement et les repas pendant la conférence. Le principal critère d’éligibilité : être une femme scientifique inscrite en doctorat.

Le fort intérêt et la qualité des candidatures reçues montrent la force et la diversité de la recherche féminine dans le Bassin du Congo.

Cet article met en lumière les six boursières, leurs projets ambitieux et les travaux qu’elles ont présentés durant la conférence.

Écologue des sols, Léa Rosine étudie la façon dont les changements d’usage des terres influencent la biodiversité des sols, le fonctionnement des écosystèmes et la résilience des agroécosystèmes.
Elle explique :

« Participer à la conférence du CBSI représente une opportunité majeure pour ma carrière scientifique. Ces questions sont intimement liées aux dynamiques environnementales du Bassin du Congo, où la dégradation des sols, la déforestation et la variabilité climatique menacent l’intégrité écologique. »

Son projet contribue directement à une meilleure gestion durable des terres et des écosystèmes.

Vous pouvez regarder son vlog ici.


Aicha Gomeh-Djame (Cameroun)
Université de Yaoundé I
Thèse: Les chauves‑souris comme indicateurs des changements environnementaux : exploration de la diversité non documentée dans les forêts congoliennes nord‑occidentales.
Observatoire: Biodiversité

Aicha étudie la diversité des chauves‑souris le long d’un gradient de perturbation dans le parc national de Lobéké. Ses expéditions ont permis :

  • la description de deux nouvelles espèces,
  • la collecte de données écologiques sur trois espèces mal connues,
  • la confirmation d’un nouveau record national pour le Cameroun.

Elle souligne l’urgence de ce travail :

« Comprendre la réponse des chauves‑souris aux perturbations est essentiel pour la planification de la conservation dans le Bassin du Congo. »

Ses conclusions permettront de mettre en place des stratégies de gestion des zones protégées plus résilientes dans une région où près de 30 % des forêts intactes pourraient disparaître d’ici 2030.

Pour plus d’informations sur le travail d’Aicha, consultez son site web.
Vous pouvez également lire son dernier article « Une chauve-souris peut consommer les deux tiers de son poids en insectes, chaque nuit » ici.


Audrey Flora ATOBA TONKEU (Cameroun)
Université de Yaoundé I – CRECC / IRGM
Thèse : Vulnérabilité à l’érosion et hiérarchisation des sous‑bassins du Nyong par analyse morphométrique et topo‑hydrologique.
Observatoire: Hydrologie et eau douce

Audrey analyse l’impact de la variabilité hydrologique et de l’occupation des terres sur la dynamique des chenaux en zone forestière. Grâce à une approche combinée (hydrologie, images satellites, géomorphologie), elle propose des pistes pour anticiper les risques d’érosion et mieux gérer les cours d’eau forestiers.

« La conférence du CBSI représente une occasion unique de présenter mes travaux et de renforcer mes compétences scientifiques. »

Vous pouvez lire son dernier article « Erosion susceptibility assessment through morphometric analysis and sub-watershed prioritization in the nyong watershed, Southern Cameroon » ici.


Stella Songwe Tikeng (Cameroun)
Université de Yaoundé I
Thèse : Les facteurs contrôlant l’évapotranspiration en Afrique centrale : saisonnalité et interactions avec l’humidité du sol et le rayonnement solaire.
Observatoire: Climat et météorologie

Stella étudie l’évapotranspiration, un processus clé pour comprendre le climat de l’Afrique centrale. Ses travaux améliorent les modèles hydrologiques et climatiques dans une région essentielle pour la régulation du climat mondial.

« La première conférence annuelle du CBSI m’offre une occasion rare d’échanger des idées avec des spécialistes du changement climatique et de l’hydrologie sur ce sujet, qui se situe à la croisée de ces deux domaines. En effet, nos recherches indiquent que des facteurs biophysiques tels que la forte nébulosité et les forêts sempervirentes ont un impact significatif sur la contribution de l’humidité du sol et du rayonnement solaire aux changements de l’évapotranspiration dans la zone très humide de l’Afrique centrale. Le rôle de la transpiration des plantes en tant que principale voie d’interaction suggère que les changements dans l’utilisation des terres (déforestation) pourraient avoir un effet dramatique sur le climat complexe de cette région. »

Le dernier article de Stella « Drivers of evapotranspiration in Central Africa: investigating seasonality and change in interactions with soil moisture, and solar radiation » est accessible ici.


Orlane Messa Kamsi (Cameroun)
Université de Dschang
Thèse : Contribution de la régénération naturelle à la fourniture des services écosystémiques dans les paysages en restauration des savanes humides du Cameroun.
Observatoire: Végétation, sols et biogéochimie

Orlane explore comment la régénération naturelle soutient les efforts de restauration écologique.

« Présenter mes travaux à CBSI renforcera ma visibilité scientifique et améliorera la qualité de mes analyses. »

Son travail contribue à l’amélioration des politiques de restauration et de conservation.

Pour plus d’informations, veuillez consulter son affiche.


Emeline Narcéla BIFANE EKOMI (Gabon)
Université Omar Bongo
Thèse : Consultation des peuples autochtones et des communautés locales dans les aires protégées du Gabon : gouvernance inclusive et mise en œuvre du CLIP/FPIC.
Observatoire: Socio‑écologie

Emeline travaille sur la gouvernance inclusive et la participation des peuples autochtones et communautés locales dans la gestion des aires protégées.

« Les ateliers et discussions du CBSI me permettront d’affiner mes recommandations pour une gouvernance plus inclusive. »

Ses travaux éclairent les politiques nationales et régionales sur le CLIP/FPIC.

L’importance des femmes scientifiques dans le Bassin du Congo

Ces six chercheuses remarquables illustrent le rôle essentiel des femmes dans l’avenir de la science, de la conservation et du développement durable dans le bassin du Congo. Leurs travaux portent sur le climat, les forêts, les sols, l’hydrologie, la biodiversité et la socio-écologie, démontrant ainsi la puissance des perspectives interdisciplinaires et la nécessité de faire entendre la voix des femmes dans le domaine scientifique.

Le CBSI est fier de mettre en avant leur travail et de contribuer à l’essor de la prochaine génération de scientifiques du Bassin du Congo.