Le Bassin du Congo (BC), le plus grand poumon vert de la planète après l’Amazonie, possède des atouts naturels exceptionnels qui en font un acteur clé dans la lutte mondiale contre le changement climatique. Mais pour transformer ce potentiel en réalité, un facteur crucial doit être renforcé : l’éducation de ses nouvelles générations.
par Gode Bola, Secrétariat de la CBSI, U. de Kinshasa
C’est dans ce contexte que l’Ambassade Britannique en République Démocratique du Congo (RDC) a organisé une réception nommée Soirée Bassin du Congo le jeudi 29 mai 2025, en présence de la Représentante Spéciale pour la Nature du Royaume-Uni, Madame Ruth Davis OBE, en faveur des étudiant(e)s sélectionné(e)s pour les bourses de l’Initiative Science pour le Bassin du Congo (CBSI). La première série de ces bourses est financée par UK International Development, dans le cadre d’un grand projet affilié de la CBSI, Congo Rainforest Alliance for Forest Training for Sustainable Development (CRAFT-Développement Durable), qui fait partie du programme d’action pour les forêts du bassin du Congo du gouvernement britannique. Le programme vise à promouvoir les connaissances scientifiques face aux défis climatiques. Ces bourses sont octroyées aux ressortissant(e)s du Cameroun, de la RDC, du Gabon et de la République du Congo.

De gauche à droite, étudiants sélectionnés et délégues : Génie Lutonadio (PhD, Hydrologie et Eau douce), Gode Bola (CBSI Secrétariat, U de Kinshasa), Mungufeni Odhipio (Master, Hydrologie et Eau douce), Ruth Davis OBE (Représentante Spéciale pour la Nature, R.-U.), Christian Lema (PhD, Climat et météorologie) David Ushindi Chishugi (PhD, Occupation et utilisation des sols), Jean-Felly Ngandu (PhD, Hydrologie et Eau douce)
Ces bourses représentent bien plus qu’un simple soutien financier : elles sont des investissements stratégiques pour l’avenir du Bassin du Congo et du monde. Chaque bourse est conçue pour former les étudiant(e)s à la collecte et à l’analyse de données dans de nombreuses disciplines, notamment le climat, l’eau, les sols, la végétation, la biodiversité et les sciences sociales.
Avec une forêt tropicale s’étendant sur plus de 240 millions d’hectares en Afrique centrale et un potentiel hydrologique immense grâce à ses fleuves et rivières, le BC a toutes les ressources pour devenir une solution aux problèmes climatiques mondiaux. La réception à l’ambassade de Royaume Uni a été l’occasion de souligner l’importance du BC comme solution aux changements climatiques et le rôle crucial des étudiant(e)s sélectionné(e)s de comprendre cette importance et renforcer la voix du BC en tant qu’interlocuteur stratégique à l’échelle globale.
« Il est important que nous ayons cet accompagnement scientifique pour savoir que valent nos forêts, que valent nos ressources en eau. Cet appui va nous permettre de mieux connaître nos ressources. »
Tosi Mpanu Mpanu, Conseiller Spécial de Chef de l’Etat en matière de l’Environnement.
Pourquoi cette bourse est essentielle ?
1
Former des experts locaux
Les étudiant(e)s de la région du BC deviendront les acteurs du changement sur le terrain. Grâce à la bourse, ils/elles auront accès à des formations de qualité, à des stages internationaux, et à des ressources scientifiques avancées pour élucider la complexité des écosystèmes du Bassin du Congo longtemps inexplorés.
2
Créer des solutions locales
La bourse permettra d’encourager l’innovation locale, la recherche appliquée et les projets communautaires portés par une nouvelle génération de scientifiques. Ceux-ci pourront concevoir des réponses adaptées aux réalités de l’Afrique centrale : agriculture résiliente, gestion durable des forêts, valorisation de l’eau, etc.
3
Réduire les inégalités d’accès à l’éducation
De nombreux scientifiques talentueux n’ont pas les moyens de poursuivre des études supérieures ou spécialisées. Cette bourse pourrait corriger cette injustice en offrant une chance équitable aux personnes issues de tous les pays du Bassin du Congo, y compris les zones rurales et marginalisées.
Comment le Bassin du Congo en tant que région en bénéficiera ?
Le BC regorge de richesses, avec 13 % des réserves mondiales d’eau douce, plus de 145 millions d’hectares de forêts, et un potentiel hydroélectrique gigantesque (notamment avec le fleuve Congo). La nouvelle expertise permettra de développer des stratégies durables pour préserver, restaurer et exploiter ces ressources tout en luttant contre la déforestation, la pollution et la surexploitation.
« Cette première cohorte d’étudiant(e)s renforcera les efforts visant à améliorer les moyens de subsistance locaux et à renforcer la recherche appliquée au cœur du Bassin du Congo, l’un des plus importants écosystèmes au monde. »
Ruth Davis OBE, Représentante Spéciale pour la Nature du Royaume-Uni
En formant leurs propres scientifiques, négociateurs et négociatrices, ingénieur(e)s et activistes, les pays du BC seront en mesure de mieux défendre leurs intérêts lors des conférences internationales (COP, ONU, etc.) et de jouer un rôle moteur dans les initiatives régionales pour le climat.
Une bourse climatique favorise l’émergence de startups vertes, de coopératives agricoles écologiques, d’initiatives de reforestation et d’énergies renouvelables. Cela contribuera à créer des emplois durables et à renforcer l’économie locale tout en protégeant l’environnement.
Travailler ensemble pour construire des solutions
Les participants à cette séance ont exprimé leur joie de voir cette initiative, visant à transformer la vie des communautés dans la région.
Alyson King OBE, Ambassadrice du Royaume-Uni en RDC souligne « Nous affirmons notre volonté de travailler ensemble pour construire ensemble des solutions et renforcer la voix du BC sur la scène internationale. »
« Il est important que nous ayons cet accompagnement scientifique pour savoir que valent nos forêts, que valent nos ressources en eau. Cet appui va nous permettre de mieux connaître nos ressources » indique Tosi Mpanu Mpanu, Conseiller Spécial de Chef de l’Etat en matière de l’Environnement.
« Notre lien et notre partenariat pour la protection de la forêt du Bassin du Congo repose sur une compréhension mutuelle du fonctionnement et des valeurs cachées de cet écosystème » ajoute Ruth Davis OBE, Représentante Spéciale pour la Nature du Royaume-Uni.
Investir dans une nouvelle génération de scientifiques, c’est investir dans la planète
Face à l’urgence climatique mondiale, le BC doit être au cœur des agendas internationaux, régionaux et locaux. Un accompagnement scientifique ciblé représente un outil puissant pour libérer le potentiel humain de la région, renforcer la résilience de ses écosystèmes, et positionner le BC comme un leader africain du développement durable.
Ce n’est pas seulement une opportunité pour les bénéficiaires. C’est un engagement pour l’avenir du Bassin du Congo et de l’humanité.