Un élan historique pour la science en Afrique centrale : la première conférence de l’Initiative Science pour le Bassin du Congo reçoit une attention mondiale

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Brazzaville, République du Congo — Janvier 2026.

Au début de cette année, des centaines de scientifiques venus de tout le bassin du Congo et du monde entier se sont réunis à Brazzaville pour un événement historique : la première conférence de l’Initiative Science pour le Bassin du Congo (CBSI), qui s’est tenue du 7 au 9 janvier à l’Hôtel Saint François de Paule. Ce rassemblement a marqué un tournant majeur pour la collaboration et le leadership scientifiques de l’une des régions écologiques les plus critiques au monde, le bassin du Congo.

Un mouvement scientifique en développement depuis des années

Le CBSI a été lancée en octobre 2023 lors du Sommet des trois bassins à Brazzaville en République du Congo. L’initiative a présenté son comité de pilotage scientifique et un plan de science et de renforcement des capacités élaboré collectivement. Ce lancement a été rendu possible grâce à un financement initial de la Fondation Montpelier, de l’Université de Leeds, de la Wildlife Conservation Society, de One Forest Vision et des Nations unies via le Sustainable Development Solutions Network.

Depuis, le CBSI a pris un essor considérable. En 2024, le gouvernement britannique a annoncé un investissement de 9,1 millions de livres sterling (12 millions de dollars américains) dans le cadre de son programme Congo Basin Forest Action. Le projet CRAFT-Développement Durable, financé par le Royaume-Uni, soutient douze groupes de recherche de pointe dans toute la région, 33 bourses d’études supérieures et 25 nouveaux domaines de recherche scientifique, ainsi que la conférence annuelle du CBSI, qui a désormais connu un démarrage dynamique.

Les étudiant-e-s CRAFT avec des représentants du FCDO

Une grande famille et un jalon historique

L’intérêt suscité par la première conférence CBSI a dépassé toutes les attentes, celle-ci affichant complet. La conférence, qui s’est tenue à Brazzaville, en République du Congo, a réuni plus de 250 participants venus de 10 pays, dont la République du Congo, la République démocratique du Congo, le Cameroun, le Gabon, la Guinée équatoriale et la République centrafricaine, ainsi que des participants d’Europe et d’Amérique du Nord.

L’événement s’est ouvert par les allocutions de hauts responsables scientifiques, notamment

  • Prof. Rufin‑Willy Mantsie (Secrétaire Général, Université Marien Ngouabi),
  • Prof. Raphael Tshimanga (coprésident du CBSI, Université de Kinshasa), et
  • Prof. Simon Lewis (coprésident du CBSI, Université de Leeds et UCL), qui a aussi délivré la présentation introductive.

Leur message était clair: Le bassin du Congo doit gouverner son propre avenir scientifique.

Prof. Rufin‑Willy Mantsie (Secrétaire Général, Université Marien Ngouabi)
Prof. Raphael Tshimanga (coprésident du CBSI, Université de Kinshasa)
Prof. Simon Lewis (coprésident du CBSI, Université de Leeds et UCL)

La science à grande échelle : 45 présentations et 137 affiches dans six observatoires majeurs

Pendant trois jours, la conférence a présenté un éventail impressionnant de recherches nouvelles et prévues, organisées en six grands observatoires conçus pour collecter et compiler des données provenant de toute la région, couvrant les domaines suivants :

  • Climat et météorologie
  • Hydrologie et eau douce
  • Végétation, sols et biogéochimie
  • Biodiversité
  • Occupation et utilisation du sol
  • Socio-écologie

Des flux de carbone et de la dynamique des précipitations aux moyens de subsistance des communautés forestières, l’étendue des travaux reflète l’énergie scientifique croissante dans la région. Les chercheurs en début de carrière étaient au premier plan : les étudiant-e-s en master et en doctorat bénéficiant de bourses du CBSI ont présenté leurs projets d’études et ont reçu des commentaires précieux pour renforcer leurs méthodologies avant de se lancer dans leurs recherches.

Présentations d’affiches durant la conférence.

Renforcer la représentation et l’influence

Au-delà de la recherche, la conférence a mis en exergue les problématiques structurelles qui affectent la science dans le bassin du Congo.

Les discussions se sont focalisées sur:

  • Accroître la représentation des scientifiques d’Afrique centrale au sein du GIEC, où leurs points de vue restent largement sous-représentés.
  • Répondre collectivement à l’appel à l’action de Belém, un appel mondial en faveur d’une collaboration scientifique plus étroite et d’investissements accrus dans la protection des forêts et des tourbières du bassin du Congo, tout en favorisant le développement durable.
  • Lutter contre la fuite des cerveaux dans la région, grâce à un accord visant à obtenir de nouveaux financements pour créer des opportunités postdoctorales – les bourses CBSI Future Leaders Fellowships – afin que les jeunes scientifiques puissent poursuivre leur carrière en Afrique centrale.
Gervais Itsoua Madzous lors de son discours liminaire : Mettre en relation les scientifiques africains avec le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Une vision qui devient réalité

Tout au long de la conférence, l’atmosphère reflétait l’accomplissement d’un but commun : la vision du CBSI d’une communauté scientifique ouverte, inclusive et gouvernée par l’Afrique n’est plus qu’une aspiration, elle est en train de se concrétiser.

L’un des objectifs de la conférence était de permettre aux scientifiques de différentes régions du vaste bassin du Congo de collaborer sans passer par l’Europe. Des collaborations ont vu le jour non seulement entre pays, mais aussi entre disciplines, institutions et générations.

Léa Rosine Djoussi Nde, doctorante à l’Université de Ngaoundéré, Cameroon.

Le projet d’établir des observatoires visant à rassembler et collecter des données réparties dans toute la région du bassin du Congo, afin de mieux comprendre le système climat-eau-forêt-société, est devenu réalité, grâce à l’enthousiasme débordant des scientifiques régionaux pour les observatoires.

La conférence s’est terminée par les remarques des partenaires régionaux et internationaux sur la manière de transformer la science en impact, y compris le Dr Emmanuel Tsadok Mihaha, point focal de la RDC pour le PFBC ; M. Euan McCarthy, conseiller régional du gouvernement britannique pour le bassin du Congo ; Dr Emma Torres, vice-présidente du Réseau pour le développement de solutions durables ; et le professeur Jean Joel Loumeto de l’Université Marien Ngouabi.

Un regard sur l’avenir

La conférence a permis de concrétiser avec succès la vision de la CBSI d’une communauté scientifique ouverte, inclusive et dirigée par la région du bassin du Congo. L’engagement des chercheurs, qu’ils soient en début de carrière ou confirmés, a été exceptionnel, avec une forte participation au niveau de l’Afrique centrale.

Pour l’avenir, le CBSI prévoit d’organiser sa deuxième conférence annuelle en 2027 au Cameroun, afin de continuer à bâtir une communauté scientifique solide et interconnectée à travers le bassin du Congo.

Les photos de l’évènement peuvent être consultées ici.

Les articles de presse et les vidéos peuvent être consultés ici.